AUTOBIOGRAPHIE

Je suis née à Quimper et j’ai vécu toute mon enfance et mon adolescence dans un joli petit port de pêche appelé Mousterlin, dans le monde des gens de la mer où les garçons devenaient marins et les filles femmes de marin. Les miens étaient de là depuis toujours. Ce monde a disparu et avec lui les bateaux colorés de mon enfance et les marins portant casquette bleu marine avec une visière noire et pantalon et vareuse bleu roi. Le bateau de mon arrière grand-père s’appelait Amour du printemps, celui de mon grand-père, La Perle de Mousterlin et le suivant Claudine.

 

Ma mère qui est fille, petite fille, arrière petite fille de marin, et nous pourrions remonter ainsi sur des dizaines de générations, a épousé mon père qui est devenu chef cuisinier et elle aussi.
J’ai vécu dans un monde de femmes, les hommes étant tous en mer. A chaque tempête elles retenaient leur souffle. Les mots perdus en mer, les attentes et ceux qui ne revenaient pas faisait parti de la vie, tout comme la conscience qu’il suffit de jeter son filet à l’eau pour remonter quelque chose, une pêche miraculeuse restant toujours possible.

 

J’écrivais avant de savoir écrire, sur ma balançoire j’inventais de la poésie que je retenais par cœur, en marchant le long de la mer j’élaborais des dialogues. J’étais émerveillée par les possibles des mots. Il y avait aussi tout ce que je voyais, ces images vivantes dans cette nature spectaculaire : la poésie, la beauté, l’humour à l’état naturel, les gens de ma famille que je trouvais si drôles, de vrais personnages, les histoires, les odeurs, les lieux, les lumières vives bretonnes, tout cela me fascinait.

 

J’ai préféré tout apprendre par moi-même. Et comme j’aimais faire beaucoup de choses différentes, alors j’ai fait beaucoup de choses différentes.
Il ne m’a jamais semblé nécessaire de savoir faire quelque chose pour s’autoriser à passer à l’action, et j’ai tant appris en faisant, comme écrire des scénarios, faire de la mise en scène, tourner les images de mes films… Etre autodidacte selon ma forme c’est instinct et sensations, ouverture, disponibilité, liberté et discipline, goût d’expérimenter et goût de connaître, c’est un engagement, un attrait pour l’excellence, la maîtrise et le plaisir, c’est une façon de vivre qui n’eut jamais de début.

Et si je suis passée par quelques formations artistiques, je suis surtout passée par des milliers d’émotions en regardant des milliers de films, en lisant des œuvres majeures, en découvrant la biographie des maîtres, en vivant des centaines heures émerveillées à écouter France Culture.

Cela a confirmé et précisé ma flamme native et c’est de rencontrer le public qui m’a donné envie de poursuivre.

 

J’ai écrit du théâtre et de la poésie jusqu’au fond de la mer, j’ai joué sur scène, un peu au cinéma, et un jour j’ai posé une première caméra pour ne plus arrêter. Je suis devenue maman et j’ai adoré ça.  Ces dernières années j’ai tourné des contenus très divers dans l’idée de vivre de mon métier. J’ai travaillé pour la télévision et répondu à des commandes privées cherchant toujours l’alchimie de chaque projet.

 

J’ai suivi le chemin des rencontres et des idées et plus encore celui de mon plaisir. Cela m’a toujours emmenée plus loin que je n’imaginais. Il suffit que mon cœur batte pour un sujet et que mon imagination s’enflamme pour ne me donner aucune limite ni condition à sa faisabilité.

Certains films ou écrits attendent depuis longtemps, d’autres s’imposent d’autorité dans une réalisation immédiate, certaines idées viennent me visiter cycliquement, toujours en évolution, jusqu’au moment où c’est le moment. De cette richesse je tisse les grandes joies créatives de ma vie.

 

De nouvelles voies se dessinent, de nouveaux élans m’emportent et forcément je dis oui.

© Aurélie Du Boys